Communication et bienveillance : de leur importance au sein des structures vétérinaires

Les vétérinaires sont souvent représenté.e.s entouré.e.s de petites bêtes à soigner, au chevet de ces animaux malades, réalisant un examen clinique ou une chirurgie mais on oublie souvent l’équipe qui les entourent et qui est si importante : nos collègues vétos, patron.ne.s ou salarié.e.s, et les auxiliaires vétérinaires. Pour que notre travail, qui est de soigner des animaux, soit correctement réalisé, il faut que tous les membres constituant cette équipe puissent interagir ensemble, communiquer, discuter, parler, échanger, créer du lien. Outre la bonne réalisation du travail, la communication dans une équipe permet de la souder, de renforcer les liens entre les personnes la constituant, de fidéliser des salarié.e.s, de renforcer le bien-être au travail, bref que du bénéfice !


Les moyens de communiquer

Certaines personnes de l’équipe, que ce soit ASV ou vétérinaire, vont avoir de façon assez innée une meilleure capacité de communication que d’autre, sont fédérateur.rice.s, de bonne écoute, il faut savoir encourager ces comportements et les valoriser.

Mais communiquer, ça s’apprend aussi et ça s’entretient ! Les team buildings sont de bons moments fédérateurs et ludiques pour augmenter le dialogue au sein de votre équipe : escape game, jeux de rôles, jeux participatifs… De plus, réaliser régulièrement des réunions en interne avec toute l’équipe pour discuter des choses qui sont à améliorer, des choses qui se passent bien, des évolutions à venir, cela renforce le sentiment d’appartenance à un groupe pour les salarié.e.s et favorise la communication. D’autre part, demander un temps privilégié de parole avec ses patron.ne.s lors d’un entretien formel est l’occasion de poser à plat les choses et de faire un bilan bilatéral de la situation. Communiquer c’est aussi savoir dire quand les choses ne nous vont pas. Il est important de pouvoir parler ouvertement à nos supérieurs sur des points à améliorer, à changer, à supprimer, pour faire avancer les choses avant d’arriver à un point de non-retour.

Partager ses émotions

Créer du lien, parler, partager, être soi sans avoir à s’épancher sur toute sa vie, mais se montrer humain, peut être d’un grand soutien dans ce métier où nous pouvons tous.tes nous retrouver dans des situations chargées d’émotions négatives, stress, angoisse, peur, doute, tristesse. Communiquer avec ses collègues sur ses émotions peut nous permettre de se sentir moins seul.e, de trouver une oreille attentive qui comprend ce que l’on ressent parce que nous vivons la même chose, travaillons dans le même domaine.

Partager avec ses collègues des situations difficiles permet aussi de ne pas rentrer chez soi avec des images négatives en tête et de passer plus facilement à autre chose. Nous avons tous.tes vécu cette sensation de se sentir perdu.e face à un cas complexe, démuni.e lors d'une chirurgie ou énervé.e après une discussion blessante avec un.e client.e. Partageons nos expériences pour que cela ne reste pas dans nos têtes et ne viennent pas polluer notre esprit.

Et comme l'écrit si bien Aude Seigne : "Il faut dire pour une question de vie, pour laisser la place", alors parlons, partageons, discutons, épanchons-nous avec nos collègues pour être plus léger.e.s !

Créer du lien en toute légèreté

Sur une note positive et légère, qu’il est bon de partager des moments de franches rigolades avec ses collègues, de rire d’une anecdote sur un.e client.e, de chanter en salle de prépa, ces moments sont à chérir parce qu’ils soudent une équipe, qu’ils nous font relativiser des situations, et tout bonnement parce que nous sommes des animaux sociaux. Eh oui, il est important et essentiel de créer des liens avec nos patients animaux non humains mais n’oublions pas les animaux humains qui nous entourent au travail ! Alors chantez « Hakuna matatata » en choeur quand vous avez un chat qui s’appelle Simba et qui vient pour une castration. Rigolez de l’anecdote croustillante que votre collègue a à raconter sur Mme Michu et ses 36 chats. Souriez lorsque l’ASV avec qui vous vous entendez bien a dessiné un petit chat entouré de coeurs sur la cage d’hospitalisation de Minette, le chat tigre inapprochable !

La communication c’est bien sur les mots, mais n’oublions pas la langage non verbal, l’intonation de notre voix, la posture que nous adoptons quand nous parlons, la gestuelle… Alors pour créer du lien, sans pour autant être trop dans la connivence, il est important de donner une intonation joviale de temps à autre à nos propos. Par exemple il peut être de bon ton de lancer dès le matin un joyeux et sonore « Bonjour ! » à toute l’équipe pour bien démarrer la journée. Il faut aussi penser à sourire, régulièrement, même masqué le sourire peut se voir dans les yeux. Ne soyons pas toujours sérieu.x.se et pensons à relâcher la pression de temps en temps pour que les journées de travail soient moins rébarbatives. Oui, nous faisons un travail stressant et avec des responsabilités, mais la joie et la bonne humeur sont des émotions tellement utiles et qui rayonnent sur les autres, alors ne nous privons pas de communiquer de bonnes ondes à notre entourage professionnel.

Communiquer et penser de façon bienveillante

La bienveillance est décrite comme la disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui.

Pour amener de la bienveillance de notre travail, il faut d’abord considérer l’égalité entre chacun.e. Un.e vétérinaire et un.e auxiliaire vétérinaire n'ont pas fait les mêmes études, n'ont pas les mêmes responsabilités, ne font pas le même travail, mais tous.tes font partie de la même équipe. Il est important de considérer l'Autre, comme aussi valable que soi, et comme aussi humain que soi. Alors arrêtons les scissions entre vétérinaires et ASV et partageons ensemble, pour un but commun : soigner les animaux qui sont sous notre garde. Les mots ont une importance, un.e ASV ne doit pas être appelé.e secrétaire quand sa formation n’est pas celle-ci et regroupe d’autres tâches que le secrétariat. Le terme à employer sera donc auxiliaire vétérinaire ou même collègue quand on s’adresse au client.

Nous avons tous.tes commencé notre travail sans expérience, alors soyons bienveillant.e.s les un.e.s envers les autres même lorsque des dizaines d’années d’expérience nous séparent. Il est important pour que les jeunes vétos apprennent, se sentent bien, que les plus ancien.ne.s communiquent avec eux sur les cas, sur leur retour d’expérience, et soient bienveillants envers eux.elles, sans mettre de pression inutile et en ayant toujours de la disponibilité pour être une oreille attentive.

La bienveillance et l’empathie vont souvent de pair et il est important de cultiver notre empathie pour désamorcer certaines situations. Il ne faut donc pas oublier de revenir vers son.sa collègue après une situation d'urgence pendant laquelle nos paroles ont pu dépasser notre pensée et savoir si iel ne l’a pas mal pris. Demander si tout va bien ou si l’on peut faire quelque chose pour aider quand on voit que son.sa collègue est en difficulté peut être d’un grand soutien émotionnel. Car non, nous ne sommes pas des robots qui peuvent travailler sans émotion et sans penser à nos propres problèmes, nous sommes des humain.e.s avec des sensibilités différentes, et il faut savoir aller vers l’autre et communiquer pour s’en rendre compte et faire au mieux avec les différences de chacun.e.


Il n’y a pas de recette miracle pour communiquer au mieux, cela dépend de chaque structure, des caractères de chacun.e, des besoins et envies des membres de l’équipe, il est possible de piocher dans divers moyens pour libérer la parole, créer un climat apaisé et ouvert, le tout est de savoir que c’est important et de ne pas oublier que nous sommes tous.tes humains ! Alors entre membres d’une même équipe d’une structure vétérinaire : partageons, discutons sérieusement ou légèrement, rions, en un mot : communiquons !

Margot Couvry,
Vétérinaire

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